Pigalle, La Nuit – Saison 1
Amours et décadences à Pigalle. Guerres et trahisons aussi. Hervé Admar et et Marc Herpoux nous content le quartier parisien des sex-shops et des kebabs, des stripteases et des rivalités économiques. Un Pigalle moderne donc, où la disparition d’une danseuse entraîne son frère dans une descente au coeur de… Pigalle!
Où les errances d’un jeune cadre dynamique, retrouvant sa sœur sur les podiums pour mieux la perdre aussitôt après. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elle est coincée entre les établissements réputés du quartier, Folie’s et Sexodrome tenus par Nadir (puissant Simon Abkarian) et ses deux sous-fifres, et l’ouverture du tout nouveau Paradise dirigé par un certain Dimitri. Découvrant les habitants et le quartier, Thomas va donc tenter de découvrir qui est à l’origine de la disparition de sa sœur, alors que les secrets se dévoilent et que les problèmes apparaissent de plus en plus épineux. On tourne certes en rond, mais dans une enceinte bien particulière : Pigalle. Quartier reconnu de Paris et à la réputation sulfureuse, Pigalle recel de nombreuses facettes, et c’est ça que les scénaristes ont été cherchés. Du conseil des commerçants, aux patrons de club, des stripteaseuses aux policiers, des trafic en tout genre à la mémoire du quartier. Chaque personnage apporte sa pierre à l’édifice.
Et c’est avant tout ça, Pigalle. Un territoire. L’histoire nous emmène par monts et par vaux dans les rues entourant la place (ce qui fait peu, en effet) à la poursuite des personnages qui font vivre les lieux. Et c’est d’ailleurs le nœud de l’histoire, ce petit bout de territoire, ces commerces (du sexe ou d’autres) qui font ce quartier. Car derrière la disparition d’Emma (éblouissante, même sous exploitée, Armelle Deutsch), c’est bien l’affrontement de la modernité et de l’ancien, sous fond de vengeance, qui fait rage. L’histoire comporte de nombreuses fenêtres ou détails qui renforcent le tout, offrant huit épisodes remplis à bloc. On pourra regretter dans cet ensemble le peu de temps passé à réellement décrire le quartier, au bénéfice des « figures » qui le composent. Extrêmement réaliste, malgré des passages totalement oniriques nous permettant de nous évader un peu plus, Pigalle avance très rapidement, son action s’étalant pourtant sur peu de jours. Mais il s’en passe des choses, et c’est finalement cette écriture sur plusieurs niveaux qui récompensent le spectateur sorti des fictions françaises classiques. Pardon, hors Canal+. La pas si petite chaîne crypte nous offre après Braquo une autre vraie création télévisuelle.
Peut être moins complète que le policier sombre d’Olivier Marchal, Pigalle reste un étrange moment passé à effleurer les nuits de Pigalle en compagnie de ses héros. La faute sans doute à des dialogues trop mécaniques, des scènes trop explicatives (défaut très français finalement) ou quelques interprétations hasardeuses. Mais l’ensemble détonne tellement qu’on passera ses quelques défauts pour n’en retenir que la volonté de rendre une copie originale. Remplissant parfaitement sa mission, Pigalle semble contenir tout ce qu’il faut pour continuer à exister de nouveau dans les années à venir. Pour l’instant, on reprend son souffle, après 8 petites heures à courir dans Pigalle. En attendant de retrouver, qui sait, les mêmes personnes au même endroit…
Categories: Television
Tags: bilan, pigalle, saison 1
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