Le Prisonnier (2009)

C’est l’année du remake télévisuel! Après V, Le Prisonnier. Et Patrick McGoohan ne s’en retournera pas dans sa tombe, l’hommage est beau et riche en évènements. Sur un même postulat, la version 2009 intègre des problématiques bien contemporaines. Les nostalgiques seront perdus, les fans n’y retrouveront pas grand chose, mais le mystère persiste.

On retrouve donc un homme (Jim Caviezel) se réveillant dans le Village, lieu perdu au milieu de nulle part (ici un désert) où les gens n’ont pas de noms mais des numéros. Une absence de personnalité sans absence d’humanité, mais la règle première du Village semble être la conformité. Une obéissance quasi systématique à certaines règles de vie qui limite leur liberté, jusque dans leur sommeil. Le nouveau Numéro 6 va donc tenter de comprendre ce qu’il fait là, avec des souvenirs de sa vie new-yorkaise, et lutter contre un Numéro 2 (épatant Ian McKellen) persistant à vouloir le faire rentrer dans le rang. Une guerre psychologique et calculée qui nous renvoit aux joutes des deux personnages antérieurs, avec ici un fort accent moderne. On parle donc de surveillance électronique, de paranoïa et de société (civile ou privée), de vie commune et d’insertion sociale (forcée ou non). Jouant habilement sur les thèmes de la conspiration, du doute et des libertés, ce Prisonnier ci refait en 6 épisodes le tour de la question. Le rôle à jouer du Numéro 6 (avec toujours son fameux : Je suis un homme libre!), la place de chacun et son libre arbitre.

Pas forcément innovant sur le fond, très moderne sur la forme, notre Prisonnier version 2009 se veut tout en idées et en concept, nous poussant les retranchements intelligibles des séries télévisuelles. On aura peu connu aussi allégorique ou énigmatique, mais le jeu des Numéros 2 et 6 devient rapidement usant, se répétant à chaque épisode autour de nouveaux éléments complétant le mystère, entre la vie au Village et des flashbacks sensés expliquer « l’Avant ». Pas forcément maladroit, mais un peu complexe, voici donc une série pour accro à la science fiction. Pour moitié produit, et complètement tourné, en Afrique, notre nouveau Prisonnier rappelle férocement un certain Charlie Jade dans son esthétisme (ou alors est-ce simplement le désert?), et si la volonté est là de livrer un programme à la pointe de sa catégorie, c’est au détriment de quelques spectateurs perdus en cours de route…

Posted: novembre 28th, 2009
Categories: Television
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Comments: 4 Comments.
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    Ce remake est une scandaleuse honte.

  • Majordome

    Sous prétexte de réflexion modernisée, le récit se perd en circonvolutions fumeuses et devient le plus souvent si incohérent que le spectateur reste tout simplement sur le carreau. C’était déjà un peu le cas dans la série originelle mais le charisme du personnage principal et l’intelligence et l’audace de la réalisation emportaient l’adhésion. Ici rien de tout çà, sinon une certaine perplexité (non sans oppression) fa ce à un récit et des personnages qui semblent sans vie et tous totalement artificiels. Y compris SIX. Un comble !!! Une terrible déception.

  • L.

    Ni trop proche de la série originelle, ni trop éloignée, modernisant ses thématiques comme ses obsessions larvées, cette nouvelle version réussit l’impossible : réinventer en rendant hommage. Oui, l’ensemble manque d’humanité, oui la construction en ellipse ne manque pas de désorienter, oui certains aspects/personnages secondaires sont crispants, mais ce ne sont jamais que des broutilles qui ne peuvent entâcher le plaisir de tout spectateur qui, ma foi, escompterait se divertir sans débrancher son cerveau pour autant. Car dire que cette série est cérébrale tient du doux euphémismes, et ce qui frappe le plus, à mon sens, tient moins au fait que les personnages et leurs existences semblent « sans vie » qu’à la ressemblance indéniable, et quelque peu « tracassante » de ces non-vies dépourvues de relief comme de sens avec nos propres quotidiens. Brrrrr…